De retour de Chartres, qui sont ces jeunes engagés dans un pèlerinage...

De retour de Chartres, qui sont ces jeunes engagés dans un pèlerinage de trois jours ?

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©N.B/Infos-Toulouse
Plus de 10 000 jeunes déterminés marchants ensemble, avec des valeurs communes, pendant trois jours sur une centaine de kilomètres. Et pourtant, aucun incident, aucune dégradation, pas de détritus après leur passage. Mais qui peuvent bien être ces pèlerins qui témoignent d’un amour et d’une richesse spirituelle à toute épreuve ?

En famille ou entre amis, étudiants ou religieux, jeunes actifs ou jeunes père de famille, ils étaient 12 000 à rejoindre Chartres de Paris, 6 000 dans le sens inverse à prendre les chemins du pèlerinage de la Pentecôte en l’honneur de la Vierge Marie. Parmi eux des Toulousains de différentes paroisses qui nous confient leurs aventures, leurs motivations et les fruits de trois jours d’efforts physiques et d’enrichissement spirituel.

Samedi à 6 heures du matin : alors que certaines personnes rentrent tout juste d’une soirée festive une ambiance inhabituelle se déroule autour de la Cité à Paris. Les différents métros sont remplis de pèlerins plus ou moins jeunes avec des sacs à dos et des tentes. La messe ne commence qu’à 7 heures mais des milliers de pèlerins et les volontaires de Notre-Dame de Chrétienté sont pourtant déjà bien réveillés.

Beaucoup savent de quoi sera fait leur quotidien pendant 3 jours. Certains vont le découvrir pour la première fois.

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Pour rejoindre Chartres, 12 000 pèlerins, organisés en différents chapitres, se sont rassemblés du parvis de Notre-Dame de Paris. C’est à la fin de la messe matinale, dite sous la forme extraordinaire, que la colonne s’est élancée après avoir pu vénéré la relique du cœur du saint Padre Pio. Plus d’une centaine de kilomètres à parcourir en trois jours, rythmés par des prières, des méditations et des chants. Aliénor, jeune toulousaine, baptisé en 2017, témoigne de ses motivations :

« Chartres 2018 a été mon deuxième pèlerinage, celui de 2017 s’était relativement mal passé, entre découverte de l’effort physique qui est intense, la pluie le premier jour et un genou en piteux état ; je m’étais jurée de ne plus y retourner. Et pourtant me revoilà samedi 19 mai sur le parvis de Notre-Dame de Paris. Avec plusieurs amis de la paroisse nous avions reformé un chapitre et nous étions mutuellement entraînés dans cette aventure. Si je suis retournée à Chartres c’est parce que j’étais convaincue au fond que ce pèlerinage ne pouvait m’apporter finalement que des grâces et me permettrait aussi d’approfondir un peu plus ma foi, chose difficile entre les partiels, les sorties et autres obligations. La forme de ce week-end y est propice puisque l’encadrement spirituel est important entre le rosaire, la messe traditionnelle, les prêtres toujours à disposition et les méditations proposées. Cette année le pèlerinage s’est très bien passé, notamment grâce au beau temps et l’incroyable investissement des bénévoles. J’en suis ressortie grandie, spirituellement surtout, marcher permet à chaque pas de poser une nouvelle idée, y réfléchir, se questionner, comprendre… etc.  Pouvoir se couper du monde extérieur permet de se refaire le point sur sa vie et aussi de prendre le temps de découvrir et parler avec les personnes dans son chapitre. L’arrivée à Chartres était joyeuse et le retour en voiture nostalgique. »

Un pèlerinage à double sens

Organisée depuis plus de 25 ans, le pèlerinage de la tradition, organisée par une association de la Fraternité Saint-Pie X, a tenté le pari de partir de la cathédrale de Chartres plutôt que d’y arriver. Ayant pour but de « non pas de remonter les siècles pour se réfugier au vénérable sanctuaire, mais bien l’inverse : de partir de cette relique, de ce sanctuaire antique, de cette foi éprouvée pour la rendre à nos frères. Se ressourcer en Marie pour qu’elle nous mène à Dieu et que nous puissions témoigner de Lui auprès du prochain, tel est le sens de ce pèlerinage », décrivent-ils sur leur site.

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Messe de clôture du pèlerinage de la Tradition, au pied des Invalides, à Paris.
©N.B/Infos-Toulouse
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Pour l’édition 2018, ils étaient autour de 6000 à marcher vers Paris. Parmi eux, Ana, 20 ans et originaire de Toulouse, a participé au pèlerinage parmi l’équipe d’organisation. Une expérience atypique qu’elle nous raconte.

« Je pensais ne pas avoir le temps de le faire cette année, puis un de mes amis m’a convaincu quinze jours de les aider dans le service de la logistique du pèlerinage. Deux semaines plus tard, j’étais en route pour Chartres ! Une fois là bas, notre service commence immédiatement. Le travail est intense mais faisable ! Nous nous occupons d’amener de l’eau aux pèlerins à diverses étapes de la marche. Tout cela comprend le chargement des camions, ainsi que la distribution de main à main, c’est toujours mieux ! Nous sommes aussi responsables de la propreté après le passage des pèlerins au niveau des bivouacs et des haltes, ce qui consiste à tout organiser sur les lieux c’est-à-dire préparer, entretenir et nettoyer, mais aussi attendre et guider les pèlerins. Nous avons, à l’issue de ces trois jours, aménagé la place Vauban à Paris, en préparant la messe au pied des Invalides et accueilli les pèlerins, fatigués mais heureux d’être allés jusqu’au bout ! Au niveau spirituel, nous ne faisons pas vraiment le pèlerinage, nous contribuons à son organisation, ce qui le rend forcément différent pour nous. Nous avons la messe tôt le matin, pour être prêt à entamer une nouvelle journée pour aider et guider les pèlerins jusqu’à Paris. C’est important que ce pèlerinage existe puisqu’il montre des amis, des jeunes, des familles avancer, qui marcher, et prier. »

Quelles motivations guident ces pèlerins ? 

Mais pourquoi de plus en plus de monde — et de plus en plus jeune, la moyenne d’âge étant de 21 ans — tous les ans viennent vivre et prier pendant 3 jours lors de ce pèlerinage ? Que viennent-ils réellement chercher entre Paris et Chartres ?

La principale activité de la journée est bien entendu la marche. Les pèlerins se répartissent dans des groupes appelés Chapitres, tous dédiés à un saint. L’entraide et la convivialité s’organisent tout au long de la route où des moments sont choisis pour la récitation du rosaire, de méditations préparées par l’organisation et des témoignages/enseignements par des membres du clergé. À cela s’ajoute la messe quotidienne ou les différentes conversations rendues possibles par la disponibilité des prêtres.

Mais le pèlerinage de Chartres ne serait pas complet sans les nombreux chants, lancés au mégaphone dès 6h30 du matin, pour se motiver et penser à autre chose que ses pieds.

La route est longue, les pauses rares et courtes du fait du nombre grandissant de pèlerins et de la distance à parcourir. Pourtant l’année suivante les mêmes têtes reviennent. L’esprit du pèlerinage ne se résume pas à une marche sportive. Il se résume avant tout à la prière, la prière et les nombreuses rencontres possibles. Et si tout ceci en voyant les nombreuses photos, vidéos et reportages vous donne envie de vous inscrire l’année prochaine il ne faut plus hésiter. Tout comme la religion n’a pas à être un frein qui vous empêche d’essayer. Les personnes et le clergé seront toujours là pour vous expliquer ou débattre avec vous. Ce n’est certes pas à grand nombre mais il existe des personnes non croyantes qui font le pas en avant pour voir de leurs yeux la réalité de ce pèlerinage. À l’année prochaine, 6 heures du matin sur le parvis de Notre-Dame de Paris la veille de la Pentecôte !

N.B