Gilles Bertin, chanteur de Camera Silens, n’ira pas en prison

Gilles Bertin, chanteur de Camera Silens, n’ira pas en prison

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Gilles Bertin
L’ex-chanteur du groupe Camera Silens a été condamné mercredi 6 juin par la Cour d’Assises de Toulouse à 5 ans de prison avec sursis, pour le braquage de la Brink’s, en 1988. Gilles Bertin s’était rendu lui-même à la justice, au terme d’une clandestinité qui aura duré 30 ans.

C’est une démarche singulière que n’a pas manqué de souligner l’avocat général. 30 ans après les faits qui lui sont reprochés, à savoir le braquage de la Brink’s, Gilles Bertin s’est rendu lui-même à la justice, le 17 novembre 2016. Il a expliqué ne plus vouloir mentir sur son histoire et son passé à son fils né en 2011, et souhaitait aussi retrouver sa sœur et un premier enfant de 31 ans, perdu de vue après la fuite.

Pour le braquage en 1988 d’un dépôt d’argent de l’entreprise américaine Brink’s, dont le butin avait été de 11,8 millions de francs (2 millions d’euros), Gilles Bertin avait été condamné par défaut en 2004 à une peine de 10 ans de prison ferme. Devant la prescription de cette première peine, l’avocat général Bernard Lavigne a requis lors de ce procès en présence de l’accusé une peine de 5 ans de prison ferme. Ce braquage, qui avait demandé deux ans de préparations minutieuses, avait été orchestré par une dizaine d’amis musiciens, dont l’accusé. Le 27 avril 1988, le vol du dépôt d’espèces de la société Brink’s s’est déroulé de façon quasi militaire, sans le moindre coup de feu, si bien que les autorités ont d’abord pensé à du grand banditisme.

Lire aussi : Rencontre exclusive avec Gilles Bertin, chanteur du groupe Camera Silens

Tout au long du procès, Gilles Bertin, ancien chanteur du groupe de punk Camera Silens, n’a pas fui ses responsabilités: « il fallait que je paie ma dette » a-t-il dit, un sac d’affaires au pied, en cas de transfert immédiat vers la prison. Il a en outre reconnu avoir été un des maîtres d’œuvre de ce braquage et d’avoir été contacté par Didier Bachère, aujourd’hui décédé.

Accompagné de sa compagne, Cecilia Miguel, et défendu par son avocat Me Christian Etelin, il est revenu sur sa cavale et sur sa vie « sans identité » au Portugal, puis en Espagne, survivant à la maladie puis travaillant dans le bar des parents de sa compagne jusqu’à la naissance de son fils en 2011. L’enquêtrice de personnalité, Valérie Merotto, a elle-aussi souligné l’évolution favorable de la personnalité de l’accusé. Son avocat a également rappelé et insisté devant la cour sur le fait que son client s’était rendu en 2016, au lieu d’attendre la fin du délai de prescription, en 2024.

Un verdict clément, Gilles Bertin soulagé

Le verdict du juge, rendu après moins de deux heures de délibérations a été accueilli par des applaudissements : 5 ans de prison avec sursis. Pour Gilles Bertin, qui échappe à la prison ferme, c’est un soulagement. « C’est la fin d’un cycle et le départ d’un autre », a-t-il déclaré.

Mathieu Vergez