Fake news et contrôle des GAFAM : la censure en marche

Fake news et contrôle des GAFAM : la censure en marche

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Assemblée nationale loi fake news
Hémicycle de l'Assemblée Nationale au Palais Bourbon.
Alors que les débats autour de la future loi sur les fake news suscitent l’intérêt, la censure avance déjà doucement mais sûrement sur Internet. Les médias mainstream, quant à eux, commencent à peine à entrevoir le danger. Mais ils ne voient pas encore à quel point cette loi sera une porte ouverte à l’arbitraire judiciaire…

Le début d’une prise de conscience ?

Cela faisait bien longtemps que les sites comme Infos Toulouse alertaient du danger de la « lutte contre les fake news« . Les députés se sont penchés sur le projet de loi sur la manipulation de l’information le 7 juin, comme annoncé par le Président dans ses vœux à la presse en janvier. Ce n’est donc que récemment que les grands médias, à savoir Libération, France Info, 20Minutes et consorts, commencent à peine à faire la moue. Mieux vaut tard que jamais, comme dit l’adage. Et encore, la plupart de ces titres se contentent de relayer les suspicions de certains députés, plutôt contre cette loi. Car le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y avait du boxon à l’Assemblée lors des débats autour de ce projet de loi…

Il n’y a que sur France Culture que l’on ose poser une question de fond : la vérité sort-elle de la bouche des législateurs ? Allez, puisque nous sommes un beau média libre et indépendant, nous allons nous permettre d’aller un peu plus loin que France Culture en la matière et poser la vraie question: « La vérité sort-elle de la bouche du pouvoir politique en place ? ».

Encore mieux que ça, le Huffington Post admet lui-même, à la suite de cette émission de France Culture, qu’aucun média ne saurait être objectif: « Partir de l’idée qu’un journal de référence est objectif et exhaustif est une erreur de base, imaginer que ce journal s’excuse toujours pour ses erreurs est soit naïf soit une preuve d’incompétence ! » Hallelujah, les journalistes se réveillent !

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Fabrice Epelboin, spécialiste des médias sociaux, ne va pas jusque là. Dans un entretien accordé à l’Express le 7 juin : « Les fake news ne sont qu’un symptôme. C’est comme la fièvre : ça indique qu’il y a un problème, mais ce n’est pas en la faisant tomber qu’on la règle et qu’on soigne quoi que ce soit ». Le problème serait donc ailleurs, mais où ? Dans les algorithmes de Facebook, qui aurait intérêt selon lui, « à optimiser le conflit ». Que faut-il faire alors ? Simple: « il suffit d’avoir l’aval et la pleine coopération de Facebook, qui est parfaitement capable de repérer et bloquer une adresse internet pas fiable relayée dans des posts, et de les bloquer ». Soit, que le pouvoir politique prenne peu ou prou le contrôle des GAFAM en bloquant les « campagnes de haine » et les « fake news ». Quand on sait le niveau de subjectivité véhiculé par ces deux termes, la clarté exigerait que l’on dise plutôt que le pouvoir politique imposera désormais ses vues, sa propre version des faits. Quand on pense que ce même homme était pour la liberté d’expression sans restriction il y a quatre ans, voilà qui est triste.

Extrême impopularité des censeurs : l’exemple de la LICRA

Ce qui échappe quelque peu à M. Epelboin, c’est que les réseaux sociaux effectuent déjà plus ou moins ce travail de blocage et de censure : suppression des comptes Facebook de Génération Identitaire de France ou d’Europe et d’Égalité & Réconciliation, suppression du compte YouTube d’ERTV (ce dernier a ensuite été remis), « strike » et démonétisation des vidéos politisées sur YouTube… Mais peut-être n’est-ce pas assez ?

La nouvelle loi sur les fake news, préparée par la majorité de l’Assemblée, loin d’être comparable à la loi déjà existante sur les fausses nouvelles (et qui date de 1881), n’a pas d’autre dessein. Pourquoi créer un dispositif spécial sur les périodes électorales, sinon ? Cette loi, visant à empêcher toute influence politique, en particulier étrangère (RT France et Sputnik), en période électorale sera bel et bien la porte ouverte à l’arbitraire juridique.

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Et de l’arbitraire juridique, il y en a déjà en matière d’antiracisme. Car peu ou prou, le sujet est intimement lié. Et malheureusement pour la LICRA, cette officine systématiquement partie civile dans les procès pour « incitation à la haine » (et déclinaisons…), beaucoup se sont rendus compte de la supercherie.

La LICRA (Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme), persuadé d’agir pour le bien (elle est même subventionné par les deniers publics pour le faire), n’a de cesse de se réjouir quand l’un de ses ennemis politiques subit la censure sur Internet, ou perd un procès…

L’accusation de racisme, comme chacun sait, est déclinable à souhait. Tout est bon pour le soupçon de racisme ou d’antisémitisme, quant il s’agit de faire taire les opposants sérieux ! Même lorsqu’ils sont comparés à la police de la pensée orwellienne (ce qu’ils sont, sans l’ombre d’un doute), ces derniers ont la parade ultime. La police de la pensée est un concept… d’extrême-droite !

Une telle malhonnêteté intellectuelle de la part des gens chargés par l’État de combattre le racisme, cela laisse songeur… Mais, comme la justice existe un peu, magie de l’Internet, une telle mauvaise foi sur les réseaux sociaux (où tout le monde ou presque peut aller) se laisse suivre par une avalanche de réponses plus ou moins moqueuses ou colériques… La LICRA semble avoir un problème de communication…

À chacun ses priorités…

Pendant que certains politiciens rêvent de forcer les GAFAM à accélérer les processus de censure des contenus politiquement incorrect, et uniquement ceux-là, le #YouTubeWakeUp, lancé par le Youtubeur Le Roi des Rats, commence à bien circuler.

Ce vidéaste dénonce, dans sa dernière vidéo, la prolifération d’un réseau malsain d’internautes sur la célèbre plateforme de vidéos, qui détourneraient des vidéos d’enfants gymnastes sur des sites pédophiles. Ce réseau aurait prospéré sur la plateforme depuis… 2006, soit un an après la création de YouTube, sans qu’il ne soit particulièrement inquiété par d’éventuelles réactions.

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Comparé à a chasse aux fake news, et à la guerre contre la réinformation et le politiquement incorrect, cela en dit long sur les priorités de nos dirigeants, plus prompt à condamner les dissidents politiques et le politiquement incorrect que les véritables prédateurs sexuels. D’ailleurs, et à une autre échelle, cette tendance ne vous rappelle rien ?

Mathieu Vergez


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