Mobilisation contre la PMA à Toulouse

Mobilisation contre la PMA à Toulouse

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Alliance Vita Toulouse
Les militants d'Alliance Vita sur la place du Capitole, le 12 juin 2018. ©Alliance Vita
Deux manifestations ont eu lieu à Toulouse, cette semaine, pour protester contre l’ouverture de la PMA pour raisons non médicales. La première, mardi 12, par l’Alliance Vita sur la place du Capitole. La seconde par les Sentinelles pour l’Enfant, au monument au morts, le jeudi 14 juin.

« Non au marché de la procréation », pouvait-on lire sur la banderole déployée par les militants d’Alliance Vita, mardi 12 juin sur la place du Capitole. Les manifestants ont occupé le centre de la place en se couchant par terre. Un porte-parole a prononcé un discours. Ils entendaient protester contre la nouvelle législation sur la Procréation Médicalement Assistée (PMA), qui prévoit d’étendre la PMA aux personnes non souffrantes d’infertilité, et contre la Gestation pour autrui (GPA).

Cette manifestation a eu lieu dans le cadre d’événements similaires, organisés conjointement dans une soixantaine de villes à travers la France, le même jour à la même heure.

Pour Henri, un des militants présents, le fait d’ouvrir la PMA pour des raisons non médicales « va engendrer des dérives, que ce soit pour des femmes seules ou des femmes homosexuelles en couple ». « On va créer des enfants dans le but de les priver d’un papa. » Grégoire Jahan, délégué départemental d’Alliance Vita 31, souligne la « logique de marché » dans laquelle la société basculerait. « Dans le cas de la PMA, ce sont vraiment les hommes qui deviennent uniquement des producteurs de matière première, dit-il, des géniteurs sans être des pères. Puisque ce qui est intéressant c’est le sperme, et non plus la personne du père ».

Selon Henri, cette ouverture présage d’autres dérives, comme celle de « l’enfant à la carte ». « C’est la porte ouverte à l’eugénisme d’une part, à l’“enfant parfait” d’autre part. Et ce seront les gens riches, encore une fois, qui pourront se payer ce luxe« , abonde-t-il.

« La GPA, c’est la marchandisation du corps de la femme »

Mais parmi les dérives potentielles pointées du doigt, la plus significative est sans doute celle de la GPA. Henri explique « qu’à partir du moment où vous autorisez la PMA à des fins non médicales, un couple de femmes ou une femme célibataire peuvent avoir un enfant. Pourquoi un homme célibataire ne pourrait-il pas avoir d’enfant ? Pourquoi un couple d’hommes ne peut pas avoir d’enfants ? Et donc pour nous, la dérive d’après, c’est la GPA. Si vous n’accordez que la PMA à des fins non médicales, vous créez une inégalité entre les hommes et les femmes, puisque les hommes ne pourront pas avoir d’enfants alors que les femmes le peuvent ».

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« La GPA, c’est la marchandisation du corps de la femme », poursuit-il. « Ce n’est pas une femme riche — à quelques exceptions près — qui proposera son ventre. Ce seront des femmes dans le besoin qui le feront. Certains pays comme la Thaïlande se mettent à interdire la GPA pour les étrangers, parce que tous les pays riches venaient faire « leur courses » là-bas ».

Un second rassemblement organisé par les Sentinelles

Les Sentinelles se sont également mobilisés contre l’ouverture de la PMA jeudi 14 juin, à 19 heures, devant le Monument aux morts de Toulouse. Debout, en rang et en silence, une trentaine de manifestants, dont deux conseillères régionales, est restée postée ainsi une heure durant.

Manifestation des Sentinelles pour l’Enfant, jeudi 14 juin au monument aux morts de Toulouse.

« C’est une opération “sentinelles” qui est organisée à l’échelon nationale », explique Charlyne d’Arcimoles, « Chaque région organise sa date en fonction des impératifs locaux et des intempéries. C’est quelque chose qui est préparé. Les sentinelles sont debout, pendant trois quarts d’heure environ, sans signe distinctif, et nous veillons à la sécurisation des droits de l’enfant ». L’organisatrice de l’événement abonde : « Nous ne sommes absolument pas opposés à ce qu’il y ait des PMA pour raisons médicales, mais il ne faut pas faire les choses en fonction des désirs des adultes, mais en fonction des besoins de l’enfant. Nous opposons le droit de l’enfant au droit à l’enfant. »

Mathieu Vergez