Procès pour terrorisme. Cette Corse qui cache la forêt

Procès pour terrorisme. Cette Corse qui cache la forêt

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Corse
Les panneaux routiers sont souvent l'expression d'une affirmation identitaire, comme ici sur le col de Teghime en Corse. ©Wikipedia
Fantasmé, vilipendé  respecté ou stigmatisé, le peuple corse forme aujourd’hui encore l’un des derniers peuple homogène d’Europe. Et il ne laisse personne indifférent de part son histoire rythmée par les révoltes, les attentats ou les coups de filet. Alexis de Mallac livre pour Infos Toulouse, une tribune détonnante. 

Fiers et droits, comme établis par une légitimité qu’un « continental » ne pourrait pas saisir, eux qui n’ont pas su défendre leurs terres. Eux qui, écrasés sous le poids de leurs crédits immobilier ne peuvent comprendre que la spéculation immobilière n’est pas naturelle. Eux qui confondent terrorisme et lutte armée ; qui mettent dans le même sac des tueurs et des hommes qui détruisent des bâtiments sans faire de victimes, lors des nuits bleues de 2012. Les militants de Corsica Libera, coupables de leurs idéologies identitaires ont bien compris le problème : « On tape sur les Corses car on a peur de taper sur les arabes ».

Alors qu’une grand-mère ayant aidé son petit-fils terroriste était jugée en correctionnelle, une bande d’amis fidèles est jugée aux assises pour association de malfaiteurs, alors que les faits reprochés ne se comptent qu’en dégâts matériels.

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Comment ne pas comprendre l’élan indépendantiste des élections corses, quand l’État français ne leur propose que répression pour aujourd’hui, submersion migratoire et précarité pour demain ?

Avale Basta Messieurs les continentaux !

Et comment ne pas remarquer la surprise des magistrats face à des gens passionnés de pêche, de chasse, de chants, de famille et de leur terre ? Face à la tradition finalement. Face à des garçons bouchers, éboueurs, aubergistes pourtant capables de saisir que défendre son pays, ce n’est pas seulement choisir la croissance mais aussi préserver son authenticité ?

La qualification de terrorisme permet par ailleurs aux assises de se tenir sans jurés populaires, seuls personnes qui pourraient comprendre et donner miséricorde aux bons pères de familles que sont les accusés. Ils n’ont devant eux que des magistrats, actionnaires de l’État et du capitalisme sauvage qui défigurent la richesse du paysage Corse et sa population.

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Comment se fait-il qu’un garçon boucher n’ait pas les moyens de bâtir en Corse, et que des continentaux et étrangers, puissent avoir une résidence secondaire sans même daigner y venir plus d’une semaine par an ? Loin d’avoir des idées communistes, la préférence nationale existe en Corse, alors qu’en France on préfère loger les migrants que d’accorder à nos vieux une fin de vie digne et agréable.

« Pas de balance », le silence est de mise, et les « exact », « je n’ai rien à ajouter » sont les phrases les plus courantes du procès.

La seule question qui demeure est de savoir COMMENT autant de moyens financiers, et technologiques peuvent être déployés pour suivre des saboteurs, alors que suivre des prisonniers radicalisés islamistes toujours « connus des services » semble à chaque fois impossible. La préférence nationale en matière de répression paraît moins gênante que celle des subventions.

Le verdict du procès sera rendu vendredi 22 juin 2018.

Alexis de Mallac


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