Clinamen, du « lien social » à la souffrance animale ?

Clinamen, du « lien social » à la souffrance animale ?

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Clinamen
Derrière une façade éco-citoyenne prétendant favoriser le lien social, l’association Clinamen ne favoriserait-elle pas des pratiques bien éloignées de leurs prétentions affichées ?

L’association Clinamen, via l’association dédiée Bergers Urbains, affirme avoir pour objet de favoriser le lien social entre les populations urbaines du département de Seine-Saint-Denis. Ainsi les habitants voient régulièrement passer des troupeaux de moutons au grand plaisir des petits comme des grands.

Pour faire vivre l’association, les bénévoles comptent sur la commercialisation de la viande du troupeau sous la forme de caissettes. Une offre uniquement réservée aux adhérents de l’association. Un troupeau de moutons présenté par l’association Clinamen comme étant « hautement domestiqué » (sic).

Des manquements flagrants à l’hygiène

Dans le rapport d’activités de l’association Clinamen de 2015, est exposée la philosophie de l’association qui s’inscrit dans une démarche éco-citoyenne. « Être éleveur, ce n’est pas être bourreau. Si nous mangeons nos animaux domestiques, nous y prêtons une attention et un soin tellement particulier, qu’il serait inadmissible de laisser aux charognards le fruit de nos efforts. »

Cette intention louable est malheureusement contredite par certains éléments factuels. D’après la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP), les transhumances assurant le lien social en milieu urbain avec la population n’ont tout bonnement pas fait l’objet d’une déclaration pourtant obligatoire.

Banlieue parisienne. Bonne fête de l'Aïd à tous les musulmans.

Publiée par Alain Legaret sur Mercredi 13 juin 2018

Une vidéo publiée sur Facebook montrant une de ces fameuses transhumances en milieu urbain, semble laisser apparaitre une absence de boucles d’identification accrochées aux oreilles des moutons. Cette absence de traçabilité, qui situe l’association hors du cadre légal, avait déclenché une vive polémique autour des fêtes de l’Aïd el Fitr le 15 juin dernier. Un emballement qui semble dénué de véracité.

Malgré tout, un vétérinaire que nous avons consulté nous certifie que selon ses observations que l’abattoir de Jossigny (77600) dans lequel l’association fait abattre ses animaux faisait clairement de l’abattage hallal et ce, depuis 20 ans.

L’abattoir de Jossigny épinglé par la DDPP

« Être éleveur, ce n’est pas être bourreau » se targue Clinamen. Pourtant, le rapport de la Direction Départementale de la Protection des Populations en date du 27 avril 2016 était extrêmement sévère quant aux conditions d’abattage des animaux.

Le rapport de la DDPP attribuait à cet abattoir une appréciation de « non-conformité majeure » : « structures rouillées et encrassées », « absence de matériel d’étourdissement », « couteau mal aiguisé », etc.

Un abattoir qui mériterait d’avoir la visite de l’association L214.

Ces éléments n’empêchent pourtant pas l’association Clinamen de bénéficier de subventions de la métropole du Grand Paris pour ses activités.