L’imam d’Empalot aurait été proche d’un parti islamiste

L’imam d’Empalot aurait été proche d’un parti islamiste

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imam tatai
Mohamed Tataï, imam de la grande mosquée d'Empalot, à Toulouse.
Un mois après l’inauguration de la mosquée d’Empalot, lâché par le grand imam de France et condamné par le CRIF pour un prêche jugé « antisémite », le média algérien TSA, vient de révéler un prétendu ralliement entre l’imam Tataï et le FIS, un parti islamiste algérien des années 1980. 

Un élément à charge de plus dans le dossier de l’imam Taltaï. Moins d’un mois après l’inauguration de la mosquée d’Empalot, devenue le plus grand lieu de culte de Toulouse, l’imam connaît le revers de la médaille. Après la divulgation d’un de ses prêches tenu quelques mois plus tôt, où il expliquait un hadith attribué au compagnon de Mahomet, Abou Horeira, où il est question de la bataille finale où « les musulmans doivent battre les juifs », Mohamed Tataï se retrouve isolé. Diffusé par la chaîne Memri TV, le prêche a été condamné par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), « avec la plus grande fermeté », tandis que le préfet a saisi le parquet qui a ouvert une enquête pour « des faits susceptibles de constituer une incitation à la haine” des juifs.

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Soutenu dans un premier temps par le recteur de la Grande mosquée de paris, Dalil Boubaker, il s’est récemment désolidarisé en exprimant sa « condamnation ferme et sans équivoque » des propos tenus. Seul le ministre des Affaires religieuses algériennes, Mohamed Aïssa, soutient l’imam contre ce qu’il appelle « des accusations mensongères ». « L’imam Mohamed Tataï est le fils d’une famille d’oulémas (théologiens) (…) il est inconcevable qu’il commette le péché de souiller les lois ou valeurs du pays dans lequel il travaille », a déclaré Mohamed Aïssa.

Un texte désavoué par le recteur

Si l’imam algérien et le recteur de la Grande mosquée de Paris entretenait des relations cordiales, c’est surtout Abou Horeira qui est désavoué par Dalil Boubakeur. La raison : il a été rejeté par la dynastie de califes des Omeyyades au VIIe siècle. « Nous condamnons très fermement ses propos relatifs à un hadith rapporté par un auteur traditionaliste qui n’aurait pas dû être exhumé de son oubli », écrit Dalil Boubakeur.

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En réponse, l’imam Tataï a publié le 14 juillet dernier, un long communiqué où il se livre à une étude texte de son prêche. Il dénonce « un procès injuste contre un récit prophétique sacré, ayant le plus haut degré d’authenticité ».

Un ralliement au FIS

Selon le site algérien TSA, Mohamed Taltaï a été envoyé en France dans les années 1980, en compagnie d’un cortège d’imams envoyés par l’Algérie. C’est durant ces années qu’il rallie les thèse du Front islamique du Salut (FIS), un parti politique algérien militant pour la création d’un État islamique, dissous en 1992 par le tribunal administratif d’Alger. Ce mouvement islamiste qui compte dans ses rangs une majorité de salafistes, élabore une stratégie pour la conquête du pouvoir et l’instauration d’un État théocratique et totalitaire. Cette proximité oblige l’imam à être rappelé en Algérie.

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Mais à son retour en France, au début des années 2000, il négocie avec la municipalité la construction d’une mosquée. Dalil Boubakeur, qui pourtant affirme que l’imam toulousain n’est pas affilié à son institution, négocie se joint à Mohamed Tataï pour rencontre le maire de l’époque, Philippe Douste-Blazy. La Grande mosquée de Paris contribue d’ailleurs au financement du chantier de la mosquée d’Empalot. Des représentants de Dalil Boubakeur étaient d’ailleurs présents à l’inauguration, le 24 juin 2018.