Papacito : « Toulouse est l’exemple de la street crédibilité » 

Papacito : « Toulouse est l’exemple de la street crédibilité » 

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Éditions Ring
Blogueur décapant, vidéaste insolent, Papacito, « fils de l’Occitanie, né à Toulouse » est le théoricien de la « street crédibilité ». Fondateur du site Fdpdelamode, il sort aux éditions Ring le premier tome d’une bande dessinée réalisée en collaboration avec Marsault. Infos-Toulouse est allé à sa rencontre.
Infos-Toulouse : Bonjour Papacito. Comment peut-on vous présenter ?
Papacito : Fils spirituel de Saddam Hussein, j’admire son life-style (babouches en python) et son efficacité politique (discours au balcon avec un ak47). Royaliste et patriote, j’œuvre à le restauration de la France « d’avant » la catastrophe du mondialisme, pour un retour aux valeurs à l’ancienne de notre beau pays. Je suis également auteur d’une bande dessinée avec mon ami Marsault, et également écrivain pour les prestigieuses éditions Ring.
Né à Toulouse, fils de l’Occitanie, je suis amoureux de son histoire et de sa culture ainsi que de son folklore et de son peuple historique.
 
Comment est venu l’idée de créer le blog « FDP de la mode » ? Est-ce que vous vous attendiez à un tel succès ?
Le blog est partie du constat que le civilisation française était sur le déclin pour un grand nombre de raisons, n’ayant pas d’armes de « destruction massive » pour combattre ce phénomène, j’ai décidé de faire ce que je pouvais à mon échelle en créant un blog qui cible et agresse tout ce corpus de forces qui œuvre à détruire l’âme et le peuple de ce pays, sa virilité, et son histoire prestigieuse. Le nom m’est venu après avoir assisté à
un défilés de mode en 2011, où les hommes étaient habillés en femme et tortillaient du cul sur une estrade alors qu’au VIIIe siècle il y avait encore des bastons entre Wisigoths, Francs et Huns, là où aujourd’hui fleurissent les kebabs et les Mcdo…
C’est donc cette haine de la modernité et ses modes débiles qui transforment les hommes en femme qui m’ont donné l’idée du titre. Le succès a été aussi immédiat qu’inattendue : 35 000 abonnés sur la toute première page Facebook en deux semaines à peine. Ensuite les choses se sont compliquées avec une censure de plus en plus présente qui faisait tomber mes pages les unes après les autres jusqu’à la fermeture de mon blog et les multiples menaces de procès.
Comment est né la collaboration avec le dessinateur Marsault ?
Marsault et moi nous sommes rencontrés lorsque j’étais étudiant sur Paris. Il a frappé à la porte d’un éditeur, chez qui je travaillais, pour présenter ses dessins. Quand j’ai découvert son art je suis tombé en admiration immédiate devant l’artiste. Je me rappelle avoir compris de suite que j’avais à faire au nouveau Gotlib, à une perle rare, un dessinateur hors normes qui ne pouvait que réussir. Nous avons immédiatement sympathisé et sommes devenus amis. Par la suite je suis revenu à Toulouse et j’ai démarré la production de mon blog Fdpdelamode. Devant le succès et la reconnaissance du public, j’ai voulu faire connaître Marsault en postant ses dessins sur mon blog. Le public a adoré et en demandait toujours plus. Il a donc créé sa propre page pour se lancer dans le dessin à plein temps et a rencontré un succès toujours plus grand. C’est donc au sommet de notre popularité qu’on a voulu offrir aux fans une production qui conjugue mes punchlines et son dessin ! C’est comme ça que Fdpdelamode tome 1 est né. Plus tard Marsault a été repéré par Ring qui lui a offert une liberté artistique énorme et qui a décidé de rééditer Fdpdelamode. Et le succès a encore été au rendez vous.
Lire aussi : Entretien avec le dessinateur Marsault lors de sa venue à Toulouse
 
Aujourd’hui les projets se succèdent, pouvez vous nous parler de la BD qui vient de sortir et des prochaines sorties ?
Marsault est une machine à dessiner, il est très productif et je vous annonce sans pouvoir vous en dire trop qu’il prépare pas moins de deux albums d’ici 2019. Concernant la BD Fdpdelamode, c’est simplement une sorte de manifeste de la pensée et des valeurs à l’ancienne. Les personnages mis à l’honneur sont plutôt des personnages rares dans le panorama BD actuel : des ouvriers, des clochards, des vétérans de l’Indochine, et tout un tas de personnages qui méritent les choses qu’on leur inflige par le dessin. Plus largement, cette BD est aussi une manière de mettre le doigt là où ça fait mal et de pousser à s’interroger sur notre société via un humour noir très virulent et sans tabou. Je reviendrai également fin 2018 avec un nouveau projet d’articles 100% inédit via les « carnets de guerre de Papacito ». Des articles comme du temps du blog mais sur papier et avec encore plus de haine qu’à l’époque.
 
Vous parlez beaucoup de « street crédibilité », quels sont les personnages modèles du genre ?
La « street crédibilité » tel que je la promeus n’a rien à voir avec les origines racailleuses du mot. C’est un concept large qui réunit la capacité à avoir des couilles et à conjuguer ça en adoptant une existence pleine de style à tous les niveaux comme le font les Français depuis des siècles ! Mes modèles du genre sont aussi variés que haut en couleurs ! Depardieu, Saddam Hussein, le lourd roi saint Louis, Marc Mercier le catcheur qui a réinventé et transmis le catch à la Française, Lolo Pons l’Ariégeois, Marcel Cerdan etc. Tout ces hommes, historiques ou non, nous apprennent à nous comporter comme tel et sont des crachats au visage du mondialisme et du « tout-pédé ». Ils sont les derniers arbres à résister à la tempête et mon œuvre est une façon de leur rendre hommage.

« Il est difficile d’accuser Toulouse d’être autre chose qu’une des capitales françaises de la couille ! »

Vous étiez en dédicace à Toulouse le 10 mars 2018, quel accueil avez-vous reçu ? Les Toulousains sont-ils « street crédible » ? 
Toulouse a toujours été mon fief, j’y joue donc à domicile. Entre Neandertal, les Volques Tectosages, les Wisigoths et les Cathares, il est difficile d’accuser Toulouse d’être autre chose qu’une des capitales françaises de la couille ! Ne parlons même pas du rugby et de tout le passé glorieux du Languedoc toulousain qui fait de sa population historique de sacrés gaillards aussi ripailleurs que taquins. Toulouse reste donc bien évidemment l’exemple même de la street crédibilité ne serait-ce que par sa culture paysanne encore vivace et sa gastronomie médiévale pas très végano-compatible.
 
On a vu que plusieurs autres personnes continuaient à alimenter le blog, malgré vos projets personnels comptez-vous reprendre la plume sur le web ?
J’ai écrit plus de 200 articles sur mon blog en quelques années. Je ne compte donc plus l’alimenter car cela me demande beaucoup de travail et souhaite me concentrer sur une écriture de meilleure qualité en réservant mes punchlines pour mes bouquins. Je l’ai donc momentanément confié à des personnes censées le faire vivre pour continuer à offrir du contenu au public. Personnellement je n’y écris donc plus d’articles.
FDP de la mode, Tome 1, Marsault et Papacito, éditions Ring, février 2018, 50 pages, 14,95 euros. 
Propos recueillis par Nicolas B. et L. Fandor