Quand saint Dominique s’établissait à Toulouse

Quand saint Dominique s’établissait à Toulouse

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Saint Dominique de Claudio Coello, musée du Prado, Madrid. DP.
Le 25 avril 1215, le prêtre Dominique de Guzman, dit saint Dominique, s’installe à Toulouse, pour y étudier. À la même époque, sévissait la croisade des Albigeois, proclamée par l’Église contre les hérésies cathares.

Dominique avait découvert l’hérésie des « bons hommes » (que l’on renommera plus tard, les « cathares »), en traversant l’actuelle Occitanie en 1203, au cours d’un voyage au Danemark. Il voyageait alors avec l’évêque Diego de Acebo. En ce temps là, la richesse de l’Église fait déjà controverse, et les « bons hommes » prêchent la gnose : une doctrine hérétique prônant une ascèse rigoriste et le détachement de l’Homme des valeurs matérielles et des plaisirs de la chair. L’hérésie se prêche publiquement.

À leur retour en Languedoc en 1206, les deux hommes rencontrent les légats du pape Innocent III à Montpellier, à qui ils conseillent d’aller combattre l’anticléricalisme populaire en allant à pied, sans or ni argent, en « hommes évangéliques », afin de donner l’exemple. L’évêque Foulques de Toulouse donne l’église de Prouilhe — à Fanjaux (11) — à Diego la même année, où Dominique, afin de concurrencer une institution cathare similaire, fonde le premier monastère de femmes, qui sera le noyau des futures dominicaines. L’évêque Diego rentre en Espagne l’année suivante, en 1207 et y meurt le 30 décembre, tandis que Dominique reste en Languedoc.

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L’assassinat du légat du Pape, Pierre de Castelnau, un meurtre imputé à Raymond VI de Toulouse, déclenche en 1209 la croisade des Albigeois, qui tourne en véritable guerre civile. Dominique suivra les croisés dans les places conquises. Il ne prendra pas les armes, il se contentera de ramener par la persuasion et le dialogue les hérétiques à la conversion.

Il s’installe à Toulouse le 25 avril 1215 avec 6 compagnons, dans une maison donnée par Pierre Seilhan (au 7 place du Parlement, près de l’actuel Institut Catholique).

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Le nouveau pape, Honorius III, lui accorde le droit de fonder en 1216 l’Ordre des Prêcheurs en l’église de Saint-Romain (dans l’actuelle rue Saint-Rome). Cet ordre deviendra plus tard l’ordre dominicain. Le Pape confirme l’année suivante leur vocation de prêcheurs. Cet ordre, dont la vocation première est de convertir les hérétiques, a également pour mission de s’instruire autant que possible, tout en vivant dans la pauvreté et la mendicité. Seuls les livres leur sont autorisés comme possession matérielle. La formation intellectuelle leur permettant de contrer les arguments hérétiques, la pauvreté de donner l’exemple.

Alors que les batailles font rage, Dominique réussit un grand nombre de conversions par la seule prédication et les bons exemples. La solide formation intellectuelle de l’ordre des dominicains fera qu’après la mort de Dominique en 1221, l’ordre aura une part active dans la création en 1229, avec l’évêque Foulques, de l’Université de Toulouse.

Retrouvez l’émission de KTOtv consacrée à saint Dominique :