Ludovine de la Rochère mobilise les Toulousains

Ludovine de la Rochère mobilise les Toulousains

1193
PARTAGER
Ludovine de la Rochère
Crédit photo : Infos-Toulouse / Pierre R.
La Manif pour tous se remobilise à Toulouse. Dix jours après l’aval du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), Ludovine de la Rochère est venue exprimer son opposition à la PMA sans père. 

Alors que la Procréation médicalement assistée fait de nouveau son apparition dans le débat public, depuis que le Comité d’éthique a ouvert la voie à l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, mardi 25 septembre, la Manif pour tous, fer de lance dans la lutte contre cette réforme faisait son retour, jeudi 4 octobre 2018, avec comme invitée de marque : Ludovine de la Rochère, la présidente du mouvement.

Lire aussi : La Manif Pour Tous appelle les citoyens à rencontrer leur député

Si toute la presse locale qui a brillé par son absence (voir ci-dessous), se plaît à mettre en avant la centaine de militants LGBT s’étant rassemblée rue Alsace-Lorraine, la venue de Ludovine de la Rochère a attiré près de 200 sympathisants, salle Osète. Parmi eux, élus, responsables politiques ou associatifs et lambda ont échangé pendant plus d’une heure et demie avec la porte-parole.

De la PMA à la marchandisation de l’humain

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron ? Pas vraiment, selon Ludovine de la Rochère qui précise : « Le président n’a pas fait de la PMA sans père une promesse de campagne. À chaque sollicitation, il a répondu de manière personnelle en disant qu’il était favorable à la PMA pour toutes. Mais il a également posé deux conditions : il fallait un avis favorable du CCNE et l’existence d’un large consensus. » Si le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a donné un avis favorable, le 25 septembre dernier, il semble que l’approbation populaire est loin d’être acquise. Les États généraux de la bioéthique ont démontré une opposition extrêmement importante qui a alerté l’Élysée et Matignon sur les risques de s’avancer sur ce sujet.

Lire aussi : La Manif Pour Tous attaquée lors d’une réunion par des militants d’Act Up

Une opposition ancrée sur un « contexte de menace très importante pour l’enfant mais pas seulement. » Le 25 septembre, le CCNE a émit un avis favorable à la PMA, la PMA post-mortem et l’autoconservation ovocytaire. Pas encore question de GPA, mais Ludovine de la Rochère averti : « Aujourd’hui le CCNE dit que la société n’est pas prête. Mais demain on la déclarera prête et on la légalisera. Plus personne ne crois à « Oui la PMA mais pas la GPA ». On a assez de recul. » Une référence au gouvernement Jospin qui lors de la légalisation du Pacs en 1999 avait promis que ce ne serait pas une porte ouverte vers le mariage homosexuel. Comme en 2013, où lors du vote pour la légalisation du mariage pour tous, il ne devait pas y avoir de PMA… « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient », disait Henri Queuille.

Une opposition hétéroclite 

Les États généraux de la bioéthique a permit « de prendre le poulsde l’opinion publique comme aucun sondage ne peut le faire », se félicite la présidente de la Manif pour Tous. Mais au final, « on sait bien que c’est Emmanuel Macron qui va décider », nuance t-elle. « On a empêché cette légalisation pendant tout le quinquennat de François Hollande, l’obligeant à revenir en arrière après notre manifestation du 2 février 2014. Aujourd’hui, un certain nombre de militants exercent une pression très forte pour la légalisation de la PMA en l’absence de père pour l’enfant. »

Lire aussi : Mobilisation contre la PMA à Toulouse

En face, la Manif pour tous joue le rôle de fer de lance dans cette opposition. Mais elle trouve aussi des alliés inattendus. « Nous sommes une opposition diverse, notamment dans les rangs de la gauche ». Ludovine de la Rochère aime citer en exemple l’éditorial de Charlie Hebdo, dans l’édition du 20 septembre dernier.

« L’exiger [la PMA, NDLR] pour tous au nom de la ‘justice sociale’, comme le revendique Marlène Schiappa, est parfaitement absurde. Sauf à considérer qu’il y a bien un ‘droit à l’enfant’ – ou plutôt à un droit à produire des enfants – et que l’on veut absolument, quel qu’en soit le prix, promouvoir une société où un gosse, c’est comme un Rolex, si on n’en a pas un à 40 ans, c’est qu’on a raté sa vie. Ne serait-il pas plus simple, et pour le coup, plus juste d’avoir enfin le courage politique de dire que ne pas avoir d’enfant(s) n’est pas une maladie grave ? » Gérard Briard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo. 20 septembre 2018.

Dans ce combat, la Manif pour tous se donne l’objectifs d’appeler les politiques au sens des responsabilités. « Est-ce qu’on veut d’un pays où on marchandise les gamètes sexuelles ? D’un pays qui exploitera les femmes demain ? D’un pays qui produit sciemment et volontairement des orphelins de père ? », s’insurge Ludovine de la Rochère. « Le risque est immense, tant que la PMA sans père n’est pas légalisée, il reste possible qu’il y est au moins un report comme sous François Hollande. »

Nicolas B. et Mathieu Vergez. 


De la nécessité d’Infos-Toulouse

Si quelques uns en doutait encore, la soirée du 4 octobre 2018 restera gravée dans l’histoire d’Infos-Toulouse. Dans son engagement à vouloir rétablir une pluralité dans le paysage médiatique toulousain, les journalistes d’Infos-Toulouse ont été les seuls à couvrir cet événement. Un événement pas anodin, dix jours seulement après l’avis rendu par le Comité consultatif national d’éthique qui rend favorable la légalisation de la PMA.

Lire aussi : Plus d’un Million d’euros accordé à La Dépêche du Midi 

La Dépêche, Actu Toulouse, France 3, France Bleu ne se sont préoccupés que du rassemblement illégal des militants LGBT, rue Alsace-Lorraine. Aucune ligne sur le déroulement de la soirée officielle et légale, aucun propos rapporté de la bouche de l’invité de marque. Et pour cause. Aucun journaliste, si ce n’est celui d’Infos-Toulouse, n’a daigné répondre à l’invitation de la Manif pour Tous lors de la conférence de presse, plus tôt dans l’après-midi. Pas plus lors de la réunion publique, où seule une caméra de Via Occitanie et deux journalistes d’Infos-Toulouse étaient présents sur place.

Lire aussi : Fake news et contrôle des GAFAM : la censure en marche

Infos-Toulouse, c’est LE média qui porte la voix de ceux qui n’ont pas accès à la presse mainstream. Infos-Toulouse a pris l’engagement de rétablir cette pluralité inexistante depuis que des financiers et des hommes politiques ont pris le contrôle de médias pour défendre leurs intérêts privés. Infos-Toulouse se veut de donner un visage différent de la ville rose à travers une actualité trop peu mise en valeur par la presse dite traditionnelle. Infos-Toulouse est votre porte-voix.

Lire aussi : L’Humanité financé par une grande entreprise capitaliste

Infos-Toulouse a besoin de vous pour continuer de grandir. Infos-Toulouse a besoin de contributeurs, de reporters et de donateurs pour offrir à ses lecteurs, de plus en plus nombreux, les moyens d’une information de qualité.

Pour toute aide, information ou question, vous pouvez contacter la rédaction par mail : infostoulouse@gmx.fr.

Les bénévoles d’Infos-Toulouse.