2 novembre 1789 : le couvent des Augustins devient un bien national

2 novembre 1789 : le couvent des Augustins devient un bien national

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Augustins
Crédit photo : Didier Descouens
S’il était à l’origine à l’extérieur de la ville, le couvent des Augustins fête cette année ses 750 ans. Des religieux y vécurent pendant cinq siècle, jusqu’au 2 novembre 1789, où l’Assemblée constituante décida de le déclarer « bien national ». 

Fondé en 1268, le couvent des Augustins de Toulouse se situait dans un premier temps près de la porte Matabiau, où s’étaient créé les Ermites de saint Augustin, grâce à l’aval des chanoines de Saint-Sernin. Devenu trop étroit, ils ont été transférés entre 1310 et 1341 à l’angle de la rue du Musée et de la rue des Arts.

Un chantier qui dure plus de 80 ans

Jean Lobres, maître-d’œuvre de la cathédrale Saint-Étienne participa à la construction du chevet de l’église. Celui-ci est composé de trois chapelles ouvrant directement sur la large nef unique, sans transept, avec, en partie haute, une disposition de pans coupés. Cette organisation de l’église est caractéristique du style gothique méridional. En 1341, les fondations du couvent sont déjà bien avancées.

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L’église est alors érigée complètement. Le clocher en forme de campanile est construit sur plan carré et à proximité du chœur. L’accès se fait par l’ouverture qui donne aujourd’hui dans la sacristie. La construction de la partie orientale du cloître débute dès l’année 1341. Les trois autres parties ne sont commencées qu’en 1396 par le pierrier Jean Maurin. Puis 90 ans plus tard, en 1396, le cloître est achevé.

Augustins
Crédit photo : Didier Descouens

Mais le 7 mai 1463, à cause de l’imprudence d’un boulanger, un incendie ravage une grande partie de la ville de Toulouse durant près de quinze jours. Comme pour le couvent des Carmes, la plupart des toits du couvent des Augustins s’effondrent. À l’aide des fidèles et de l’Église, la construction du toit reprend dès l’année 1495 avec les maçons Martin Pujol et Pierre d’Arroye. Les travaux sont rapidement conduits et la nouvelle consécration de l’édifice est célébrée le 30 juin 1504.

Après l’apogée, le déclin

Le couvent héberge jusqu’à 200 moines aux XIVe et XVe siècles. Mais rapidement, ce nombre diminue, et ils ne sont plus que 140 en 1518, 60 en 1649 et 31 en 1680 pour être réduits à quelques-uns au moment de la Révolution. La raison ? Les difficultés financières et matérielles auxquelles sont confrontés les religieux. En 1542, des pilleurs s’emparent des livres et des archives de la bibliothèques, des objets liturgiques et des meubles précieux. Le 14 septembre 1550, jour de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, la foudre s’abat sur le clocher. La flèche et les étages supérieurs sont détruits et provoquent de nombreux dégâts alentour. La reconstruction du clocher n’est pas réalisée : le clocher fut amputé d’un étage et demi.

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Crédit photo : Didier Descouens

En mai 1562, dans le contexte des mesures qui furent prises à la suite de la révolte des Huguenots, trois augustins furent fouettés en public pour avoir quitté leur couvent, apostasié, et s’être marié avec trois religieuses augustines. Dans la foulée, toutes les religieuses augustines de Toulouse passèrent à la Réforme protestante, à l’exception d’une seule, et leur maison fut donnée aux Jésuites (chapelle des pénitents noirs).

Augustins
Crédit photo : Didier Descouens

Par décret du 2 novembre 1789 qui dispose que les biens du clergé de l’Église catholique seront mis à la disposition de la Nation pour combler le déficit budgétaire, le couvent devient « bien national » et est désaffecté dès la suppression des ordres monastiques en 1790. Il sera destiné à abriter le musée d’art de Toulouse à partir du 27 août 1795. L’édifice est classé au titre des monuments historiques depuis 1840 pour ses parties médiévales, et inscrit en 1990 pour son escalier Darcy.

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