À l’université Jean-Jaurès, la droite est interdite de séjour

À l’université Jean-Jaurès, la droite est interdite de séjour

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Les militants de l’UNI ont subi une agression, mercredi matin, sur le campus de l’université Jean-Jaurès, de la part de militants de syndicats de gauche. Récemment, un professeur a été suspendu pour ses prétendus convictions. 

Les élections des représentants étudiants aux conseils centraux de l’université Jean-Jaurès de Toulouse sont en cours. C’est dans ce contexte de campagne que les militants de la liste UNI, le syndicat étudiant de droite, ont subi des violences sur le campus de la part de leurs opposants. Alors qu’ils étaient sur place afin de présenter le programme de la liste intitulée « Les blocages : plus jamais ! », des militants de la liste UET-UEC-UNEF les auraient contraint « physiquement et violemment » de quitter les lieux, après de multiples intimidations.

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« Nous sommes arrivés pour distribuer des tracts quand un groupe de 25 personnes sont arrivés pour nous demander de partir », témoigne le responsable de l’UNI Toulouse, Édouard Danglade. « Après quelques échanges et voyant que nous ne leur céderons pas aussi facilement le terrain, une bousculade s’en est suivie et plusieurs de nos militants ont reçu des coups ». Une situation bien trop connue, déjà en 2017, des militants d’Emmanuel Macron ont été chassés des abords de la faculté par une milice semblable.

Un antécédent la veille

La veille, ce même groupe avait déjà escorté jusqu’au métro des membres de l’UNI, sous des menaces et des insultes. L’un des fondateurs de l’UET (Union des étudiants toulousains), à l’origine des blocages, Robin C. se trouvait même aux avants postes « barrière à la main », selon un militant présent sur place.

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Mercredi matin, sur la vingtaine de belligérants issus pour la plupart de l’Unef, l’UET et Solidaires on y retrouvait surtout « des candidats à l’élection » dont le scrutin a lieu ce même jour. Ainsi, l’Unef était représenté par Benjamin P., l’UET était autant reconnaissable avec plusieurs de leurs militants les plus actifs dont Louise B., Sophie C. et Ilias D.. Une perturbation qui ne sera pas réprimé par la sécurité de l’université, son responsable appelant les étudiants de l’UNI à « se barrer ».

Une guerre de territoire

L’antagonisme n’est pas seulement idéologique. L’extrême gauche tente depuis longtemps de garder son bastion au Mirail. « Ils nous reprochent surtout d’être à l’origine du référé ordonnant le déblocage de la faculté en mai dernier », lance le responsable de l’UNI. « « On est chez nous », nous ont-ils lancés ! » Réponse dans les urnes jeudi, où il devrait y avoir « au moins un élu de la liste UNI », s’avance Edouard Danglade.

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Un professeur suspendu après une affiche diffamatoire

Le 24 octobre, l’Union des étudiants de Toulouse ont publié sur leurs page une photo d’un tract qui aurait été affiché dans l’UFR de Philosophie, au sein de l’université. Si le syndicat se défend d’en être à l’origine, il relaie cependant avec complaisance l’appel à la démission d’un enseignant en préparation de l’agrégation de philosophie, Philippe Soual. Sur cette affichette, il lui est reproché d’avoir participé à une réunion de la Manif pour Tous et les anonymes à l’origine de sa conception demandent la démission du professeur du département de philosophie. Contacté par nos soins, certains élèves nous ont fait part de leur surprise : « Il n’a jamais fait état d’opinions personnelles, c’est un bon enseignant », témoigne l’un d’entre-eux, préférant garder l’anonymat.

La direction de l’Université n’a pas traîné pour régler cette histoire. Mais plutôt que d’ouvrir une enquête et de sanctionner les responsable de cette affiche, Philippe Soual a été purement et simplement suspendu pour ses cours sur Hegel, dont il est un éminent spécialiste. Une procédure judiciaire a été engagé par son avocat pour « diffamation ».

Vu dans les toilettes du Gai Savoir.Cette initiative n'est pas la nôtre, mais nous décidons de la relayer. La haine n'aura jamais sa place à l'université.#ManifPourTousHorsDeNosVies

Publiée par UET – Union des ÉtudiantEs de Toulouse sur Mercredi 24 octobre 2018

Étienne Lafage.