Les tentacules de l’Arabie Saoudite

Les tentacules de l’Arabie Saoudite

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Un rapport des Nations unies a révélé que l’Arabie Saoudite avait déboursé 1430 milliards de dollars d’investissement directs à l’étranger en 2017, via le Public Investment Fund (PIF). Des investissements qui s’étendent jusqu’au groupe français AccorHotels.

Selon un rapport des Nations unies, l’Arabie Saoudite détient un portefeuille d’investissements directs à l’étranger gros de 1430 milliards de dollars, via son fond souverain le Public Investment Fund (PIF).

Outre les activités nationales, le président du fond d’investissement, qui n’est autre que le prince héritier Mohammed Ben Salmane, oriente ses investissements vers les nouvelles technologies. Le PIF participe notamment au financement du Vision Fund (à hauteur de 45 milliards de dollars), un fond de placement spécialisé dans le domaine technologique créé en 2016 par Softbank, toujours en partenariat avec l’Arabie Saoudite.

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Le fond saoudien est présent aussi bien aux États-Unis qu’en Russie, grâce à leur financement d’autres fonds d’investissements comme Blackstone (USA) ou le Russian Direct Investment Fund (fond souverain russe).

Des tentacules qui s’étendent jusqu’en France

Le PIF ne passe pas seulement par d’autres fonds d’investissements que lui, il est également actionnaire direct de nombreuses entreprises. Selon lapresse.ca, le PIF participe à un consortium qui possède 64,8% des parts d’AccorInvest, une structure appartenant à l’hôtelier français AccorHotels, dont Nicolas Sarkozy est devenu administrateur indépendant en 2018. Le consortium en question comprend les fonds souverains singapourien (GIC), des investisseurs institutionnels comme le Crédit Agricole Assurances, Colony NorthStar ou encore Amundi, gestionnaire d’actifs français.

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Pour rappel, le groupe AccorHotels détient 26 marques d’hôtellerie, dont Sofitel, Grand Mercure, Pullman, Novotel et Ibis… Représentant 61,8% de l’ensemble de son parc hôtelier, la France dénombrait 1 081 hôtels franchisés en 2016.

À noter que le prince saoudien Al-Walid ben Talal, dont le magazine Forbes estime la fortune à 27 milliards de dollars, possède quant à lui 5,67% du groupe AccorHotels.

Le prince Al-Walid est également actionnaire à 4,61% du réseau social Twitter, depuis 2015.

Le prince héritier Mohammed Ben Salmane a été particulièrement éclaboussé par l’affaire du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans une ambassade à Istanbul le 2 octobre dernier. Pour autant, l’affaire Khashoggi ne semble pas atteindre, pour l’heure, les innombrables partenariats économiques du royaume saoudien.

Mathieu Vergez