Être végan, un mode de vie réellement écologique ?

Être végan, un mode de vie réellement écologique ?

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Vegan
Crédit photo : CC-ZERO.
En novembre, chacun est convié à s’essayer au véganisme. Bien plus qu’un simple régime alimentaire, qu’est-ce que le véganisme ?

Tandis que le végétarien se contente de ne pas consommer de chair animale, le végan va bien plus loin. Désireux de « faire cesser tout type d’exploitation animale », il ne consomme aucun produit d’origine animale : viande, miel, lait, œufs, fourrure, cuir, soie, laine… Les loisirs découlant de la dite exploitation sont également prohibés : zoo, cirque, corrida.

Qu’importe que cette consommation fasse souffrir ou non l’animal. Par exemple, il est nécessaire de tondre le mouton pour préserver sa santé et pourtant, le port de vêtements en laine est prohibé. De même pour l’activité apicole qui a pourtant un grand rôle à jouer dans la sauvegarde des abeilles. Pour justifier ce mode de vie très poussé, certains n’hésitent pas à affirmer que l’Homme est végétarien par nature.

Le véganisme, un lobby en pleine expansion ?

Des sites comme veganimpact.com définissent le véganisme comme une lutte anti-capitaliste et dénoncent le lobby de la viande. Mais qu’en est-il du lobby anti-viande ? Le marché semble surfer sur cette tendance « veggie » et ces rayons fleurissent au sein des supermarchés. Mais malgré le coût de production de ces produits, nettement réduit par l’absence de produits d’origine animale, leurs prix restent bien supérieurs au prix de la viande. Par exemple, le prix au kilogramme des knacks végétaux est quatre fois supérieur aux knacks traditionnels. Un bon moyen pour les industriels de maximiser leurs profits en somme.

Crédit Photo : Adeline Humbert / Infos-Toulouse

Un mode de vie qui n’est pas tant sain et « éco-friendly »  

Beaucoup adhèrent à ce nouveau mode de vie du fait de certaines études dénonçant l’impact environnemental important de la production de viande. Mais qu’en est-il du « tout légume » ?

Le corps humain a besoin d’un apport suffisant en protéines pour fonctionner. Ainsi, les végans doivent remplacer la viande par des substituts végétaux avec un fort apport en protéines comme le soja, les pois chiches, les lentilles, les haricots, les oléagineux etc… Mais est-ce logique de bannir la viande pour son empreinte écologique pour la remplacer par des aliments provenant de l’autre côté du globe ? L’Inde est le premier producteur de pois chiches, les amandes sont majoritairement importées des États-Unis et le soja provient surtout des USA, d’Inde et de Chine.

Ce dernier est de loin le substitut le plus fréquent : tofu, lait végétal, crème, etc. Il contient des isoflavones, molécules végétales qui influent sur les hormones. Une consommation régulière peut entraîner de graves problèmes hormonaux, des problèmes de développement et de fertilité. Un faux-ami donc.

Toujours par rapport à l’alimentation, les « herbivores » des temps modernes ont recours à des similis-viandes, similis-fromages, etc, pour ne pas trop bousculer leurs habitudes alimentaires. Des produits intégralement végétaux mais qui n’en restent pas moins sur-transformés pour mimer une alimentation omnivore tout en demeurant « cruelty-free ». Les ingrédients principaux ? Généralement du soja ou des lentilles, de l’huile et surtout beaucoup de sucre et de sel. Si certains pensaient qu’être végan, c’était dire adieu aux produits transformés, à l’hypertension et à l’obésité, c’est raté !

Cette alimentation est très critiquée. Certains lui opposent une consommation omnivore basée sur la modération avec des produits non-transformés issus de l’agriculture traditionnelle et de circuits courts. Une dualité se crée ainsi, entre un retour aux sources ou une négation de la nature humaine pour des idéaux extrémistes. Mais ce mouvement semble avoir vocation à s’étendre, coûte que coûte.

Véganisme « pour tous »

Si le véganisme part d’une bonne volonté, les dérives se multiplient. Dans une lettre du 22 juin 2018, la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs a demandé la mise en place d’une protection policière face aux agissements parfois très violents des végans : projection de faux-sang sur les vitrines de boucheries, caillassage, vandalisation, insultes… Une militante de la cause avait notamment été condamnée pour apologie du terrorisme après avoir félicité le meurtre d’un boucher lors des attentats de Trèbes.

Ainsi, certains tentent de généraliser à n’importe quel prix un idéal qui se veut pourtant personnel. Les conséquences sont bien souvent dramatiques. Une fillette de 16 mois avait notamment trouvé la mort en décembre dernier des suites de malnutrition après que ses parents l’aient convertie à la « cause végan ».

Cette conversion forcée au véganisme se répand également chez nos amis les animaux. Aujourd’hui, internet foisonne de conseils pour nourrir son chat ou son chien avec une alimentation végan, en contradiction totale avec la nature carnivore de l’animal. La privation de viande peut avoir des conséquences mortelles et plus spécifiquement chez le chat qui a impérativement besoin de taurine, qui ne peut être que d’origine animale.

Pour la préservation du « bien-être animal », certains sont prêts à sacrifier leur santé, comme celle de leurs animaux voire de leurs enfants. Une logique qui fait coexister lutte pour les droits de l’oeuf et lutte pour le droit à l’avortement.

Adeline Humbert