Gilets Jaunes Acte II, entre scission et réorganisation

Gilets Jaunes Acte II, entre scission et réorganisation

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Acte II
Péage de Muret, samedi 24 novembre. Crédit photo : Infos-Toulouse
Scission de Benjamin Cauchy, sélection de huit représentants pour être reçus à l’Élysée, changement de stratégie… On fait le point avec Raphaël, gilet jaune de la première heure. 

Les Gilets jaunes ont connu leur première « crise interne », lundi 26 novembre. Dès le début de matinée, Benjamin Cauchy, qui s’était distingué dans les médias en portant la parole du mouvement de contestation, a annoncé qu’il « quittait les Gilets jaunes » pour créer les Citrons jaunes, « parce qu’on en a marre d’êtres pressés, qu’on ne veut pas de pépins et qu’on est jaune ». Ce mouvement officiel n’aura pas vocation à mobiliser sur le terrain mais à réfléchir sur les revendications.

À Toulouse, Raphaël, 31 ans, Gilet jaune de la première heure, s’est dit « surpris » par cette annonce, « on ne le sentait pas venir ». Mais pas de regret. Parmi les Gilets Jaunes, Benjamin Cauchy ne faisait pas l’unanimité. En cause son profil trop politique. « Il représente un mouvement citoyen mais il porte une cravate sur les plateaux de télévision et n’arbore jamais de gilet jaune, symbole de notre mouvement ».

Raphaël, 31 ans, Gilet jaune de la première heure.

Mais dans une organisation sans leader est-ce vraiment un handicap d’avoir des porte-paroles avec une expérience politique ? « Benjamin Cauchy a un certain charisme mais son parcours politique nous fait perdre de la crédibilité », répond le Gilet jaune. En cause, ses liens supposés avec Debout La France et Nicolas Dupont-Aignan. « On a l’impression qu’il sert ses intérêts personnels. Son parcours politique fait perdre de la crédibilité à l’organisation ». De son côté, Benjamin Cauchy assume pleinement ses idées gaullistes et son expérience politique, mais dément toute appartenance à quelconque parti à l’heure actuelle.

Un mouvement qui se structure

Une organisation qui se met en place. « On se structure », annonce Raphaël. Et des consignes passent. Dans cette deuxième semaine d’action, surnommée l’Acte II, les Gilets jaunes souhaitent faire « des actions coups de poing » et viser des « points stratégiques ». « On est désolé de pénaliser les citoyens, nous ce qu’on cherche à faire, c’est ralentir l’économie. C’est le seul moyen que nous avons trouvé pour que le pouvoir nous écoute enfin ». Radicalisation ? « Non ! On passe un cran au dessus mais sans violence ».

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Concernant les événements sur les Champs-Élysées, Raphaël assure : « On s’écarte de tout ce qui s’est passé à Paris, ce week-end, mais il fallait s’y attendre. Ce n’est qu’un début malheureusement. Ce qui me fait peur c’est le moment où les silencieux vont se réveiller ». Une allusion aux agriculteurs et autres déclassés inaudibles habituellement dans les débats publiques.

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Étienne Lafage.