Découvrez le véritable esprit de Noël

Découvrez le véritable esprit de Noël

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Noël
Charles Le Brun, Nativité
Face à l’interdiction des crèches dans les bâtiments publics, la reconversion des marchés de Noël en « marché d’hiver », la laïcisation des fêtes de Noël, découvrez ou redécouvrez le véritable sens des fêtes de la Nativité, grâce au site catholique Le Rouge et le Noir

[…] Chaque année, en ce jour béni, trois messes sont célébrées : la messe de minuit, celle de l’aurore et celle du jour. La Tradition y voit le symbole de la triple naissance du Christ : la naissance éternelle du Verbe dans le sein du Père ; la naissance temporelle de Jésus de la Vierge Marie, dans la chair ; la naissance mystique du Christ dans l’âme et le cœur des fidèles. Triple naissance du Verbe qui reçoit éternellement la nature divine de son Père, qui élève à lui l’humanité que lui donne dans le temps la Vierge, et qui s’unit au cours des siècles à nos âmes. Si Dieu s’est fait homme (mystère de Noël), c’est pour nous faire dieu (mystère de Pâques). Cette naissance spirituelle dans l’âme du chrétien est aussi la naissance du Corps mystique de Jésus. Avec Jésus nous naissons toujours plus à la vie surnaturelle, car la naissance du Chef est à la fois celle du corps.

Cette symbolique ternaire se décline : les trois messes de Noël peuvent être associées aux trois vertus théologales : la Foi (connaissance du Verbe), l’Espérance (attente de la Rédemption), la Charité (Amour). Elles peuvent aussi représenter les trois états de l’humanité, autrefois symbolisés par trois voiles cachant l’autel : avant la Loi (nuit), sous la loi mosaïque (aurore), sous la loi de grâce (jour). Enfin, la correspondance peut être trinitaire : le Père est Dieu dans l’éternité, l’aurore est la naissance, avec le Fils, et de cette relation d’amour naît le Saint-Esprit, le jour.

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La naissance est une lumière – la belle expression espagnole dar la luz (signifiant « accoucher ») l’évoque bien. Noël, célébrant une triple naissance, est donc une fête lumineuse : la nuit représente l’éternité d’où surgit la lumière de l’Incarnation, le jour étant la Résurrection du Christ, qui est le soleil, et qui illumine notre intelligence. La messe du jour le chante qu’une grande lumière est descendue sur la terre : la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise. La fête de Noël, à la date du 25 décembre, répond à celle du 25 mars et coïncide avec la fête que célébraient les peuples païens au solstice d’hiver pour honorer la naissance du soleil. Le Christ est le vrai soleil qui lutte contre les ténèbres de l’enfer et en triomphe. Noël est bien la fête de la lumière, et le temps de la Nativité ne s’achèvera qu’avec les cierges de la Purification.

Noël
Jacques Daret, La Nativité, c.1433

 

[…]

Et le Verbe s’est fait chair

La naissance charnelle du Christ marque le début du temps de l’Incarnation, son adventus [Rappelons qu’en anglais l’équivalent chronologique de notre « ap. J.-C. » s’écrit « A. D. » (Adventus Domini).], qui consiste dans l’union en Jésus du Verbe « engendré de la substance du Père avant tous les siècles  » avec l’humanité « engendrée de la substance de sa Mère dans le monde » (symbole de saint Athanase). Le Verbe fait chair est pour nous la parfaite manifestation de Dieu : c’est Dieu fait homme, qui nous révèle le Père. Sous les traits charmants de l’enfant que Marie a déposé dans la crèche, l’Église nous fait distinguer, comme par transparence, la divinité devenue, en quelque sorte, visible et palpable. « Qui me voit, voit le Père  », dit Jésus (Jean XII, 45). Et cette Incarnation fut une grande miséricorde à l’égard de la faiblesse de notre esprit. En effet, selon saint Thomas d’Aquin, rendre Dieu visible, c’est le rendre plus accessible à notre intelligence :

[…]

L’Épiphanie et les Rois mages

Épiphanie signifie « apparition », « manifestation » : de fait, le Christ est maintenant visible pour tous, manifesté à tous les peuples de la terre, aux Juifs comme aux païens. À l’Introït de l’Épiphanie est chantée la venue du Seigneur : Ecce advenit dominator Dominus : et regnum in manu ejus, et potestats, et imperium (Ps 71, 1). La liturgie célèbre la manifestation du mystère de l’Incarnation au peuple juif au moment de la Nativité (25 décembre), et aux païens au moment de l’Épiphanie (6 janvier). Entre ces deux dates, le calendrier est riche : de fait, le temps de Noël ne se réduit pas à la seule Nativité. Huit jours après, l’Enfant divin fut circoncis par Joseph (Circoncision, 1er janvier) et reçut le nom de Jésus (fête du saint Nom de Jésus, 2 janvier) que l’ange avait indiqué à Joseph et à Marie. Enfin, au cortège des bergers succède bientôt celui des mages. Ils arrivent d’Orient à Jérusalem, guidés par une étoile et, sur l’avis des princes des prêtres eux-mêmes, se rendent à Bethléem, car c’est là, d’après le prophète Michée, que devait naître le Messie.

Noël
Hans Memling, Adoration des mages

L’Épiphanie est une fête de grande importance, et elle doit susciter une piété égale à celle de Noël : il faut vouloir se mêler à la somptueuse caravane des mages pour qu’avec eux nous nous prosternions devant l’Enfant et l’adorions, lui que tous les anges de Dieu adorent. Les trois Rois mages, venus d’Orient pour adorer le Sauveur à Bethléem, figurent la totalité des peuples de la terre. Ils sont uniquement évoqués dans l’Évangile selon Matthieu (Mt 2, 1-12), et ce n’est que de la Tradition patristique que nous apprenons leurs noms et leur origine géographique. Chaque Roi mage représente un continent : l’Europe (Gaspard), l’Asie (Melchior) et l’Afrique (Balthazar), comme les témoins des nations païennes qui ont reconnu le Messie qu’Hérode et le peuple juif ont ignoré. Surtout, les offrandes apportées au Christ revêtent un grand symbolisme : l’or apporté par Balthazar représente la royauté de Jésus (Christ-Roi), l’encens offert par Melchior représente le sacerdoce (Grand Prêtre de l’ordre de Melchisédech), la myrrhe de Gaspard symbolise la prophétie (le Christ est descendant des prophètes de l’Ancien Testament).

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Avertis en songe, les Mages retournèrent chez eux sans repasser par Jérusalem (Évangile de l’Épiphanie). Hérode, qui leur avait demandé de lui indiquer où était cet enfant, voyant que les Mages s’étaient joués de lui, entra dans une grande colère et envoya tuer tous les enfants qui étaient à Bethléem et dans les environs depuis l’âge de deux ans et au-dessous, espérant ainsi se débarrasser du Roi des Juifs en qui il craignait un compétiteur (Évangile des saints Innocents, 28 décembre). Un ange apparut alors à Joseph pendant son sommeil et lui dit de fuir en Égypte avec Marie et son Enfant. Ils y restèrent jusqu’à la mort d’Hérode. Quarante jours après que Marie eut mis son fils au monde, elle alla au Temple pour y offrir le sacrifice prescrit par la loi (Présentation, 2 février). C’est alors que Siméon prédit que Jésus serait la ruine et la résurrection d’un grand nombre et qu’un glaive de douleur percerait le cœur de sa Mère (Évangile du dimanche dans l’octave de la Nativité).

Article à retrouver en intégralité sur Le Rouge et le Noir.