« Nous devons construire une Europe utile »

« Nous devons construire une Europe utile »

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Europe
Le camping-car de campagne de Nicolas Dupont-Aignan a parcouru les villes et villages de la Haute-Garonne les 13 et 14 mars 2019. L’occasion pour cet « Agora mobile » de créer du lien entre les Français et les candidats aux élections européennes. 

« Du local, du local et encore du local ». C’est le mot d’ordre des militants de Debout la France pour cette campagne européenne qui a débuté au mois de janvier et qui s’achèvera le jour du scrutin, le 26 mai prochain. D’ici là, le camping car aux couleurs de la liste « Les Amoureux de la France », aura comptabilisé 1400 étapes dans toute la France, parcouru 94 départements en 133 jours de déplacement. Et c’est en Haute-Garonne que le véhicule a stationné deux jours durant. Toulouse, l’Union, Pins-Justaret mercredi et Saint-Gaudens, Aurignac, le Fousseret, Saint-Elix-le-Château et Noé, jeudi 14 mars.

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« Présenter une alternative crédible pour l’Europe »

Débattre du projet européen et national, faire remonter les attentes des Français, présenter le projet porté par Nicolas Dupont-Aignan, tels sont les objectifs de ce tour de France. Emmanuel Cointot, cadre de Debout la France présente son constat. « Pour les gens, l’Union européenne est un grand machin éloigné des préoccupations. Si ça ne fonctionne pas, alors il faut changer ! ». Mais pas question de tomber dans les « deux extrêmes ». « Il y a ceux qui ne veulent rien changer (LREM, LR…) et ceux qui veulent que l’on casse tout avec le Frexit (Asselineau, Philippot) ». Les eurodéputés des « Amoureux de la France » veulent « pénétrer le système de l’intérieur et faire du détricotage contrôlé ».

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Au Parlement européen, les députés de Debout la France siégeront au sein du groupe ECR (Conservateurs et réformistes européens), composé de députés de 24 pays, dont des Polonais, Allemands, Tchèques, Hongrois… Il s’agit du groupe le plus important du Parlement qui prend soin de défendre les intérêts nationaux et souverains. Un groupe prêt à accueillir et s’allier. « Si Victor Orban quitte le PPE, l’ECR est son réceptacle naturel, c’est évident ». Il en va de même pour les députés de la Ligue du Nord, dirigée par Matteo Salvini : « c’est fortement envisagé », se réjouit Emmanuel Cointot. D’ailleurs Debout la France se vante d’être « le seul parti à dévoiler clairement le groupe avec lequel ils siégeront ». « Au-delà des listes nationales, ce qui importe dans ces élections ce sont les groupes européens ». Ainsi, Les Républicains rejoindront le PPE, qui vote l’essentiel des amendements en faveur de l’Union européenne, au détriment des nations. De leur côté, La République en Marche se mêlera à l’ALD, un groupe de « démocrates libéraux » financés par des grands groupes industriels comme Mosanto, Bayer…

« Vers une Europe de l’essentiel »

Quid de la vision de l’Europe parmi les militants DLF ? Pour Damien Toumi, jeune délégué du parti, l’Europe doit servir à « l’essentiel ». « La commission européenne n’a pas pour rôle de réglementer la pomme… Il y a des sujets importants pour les nations et les peuples qui demandent une coopération : Erasmus pour les étudiants, la lutte contre le cancer, l’environnement… Nous devons construire une Europe utile ». Une vision partagée par Damien Jeanne, secrétaire départemental de la Haute-Garonne qui souhaite garder une « Europe des grands projets », où l’exemple d’Airbus et du Canceropole contraste avec « l’Europe des technocrates de la Commission européenne ». Autre nécessité, la sécurité aux frontières doit être gérée par « les États et non la commission ».

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« Il faut mettre fin à la vision mercantile et utilitariste » de l’Europe, s’exclame Gérard Couvert. « Il n’y a pas de culture européenne mais des éléments culturels qui font l’Europe, une morale propre aux Européens ». Pas possible donc d’instaurer une démocratie à l’échelle européenne. Emmanuel Cointot aspire à promouvoir la paix dans l’Europe « grâce à la coopération ». « Nous sommes un ensemble de nations et de peuples, c’est ainsi que le Traité de Lisbonne définit l’Europe. Je rajouterai qu’il y a une culture et une histoire commune entre ces peuples et qu’il est important de préserver leur souveraineté ».

Tout au long de la campagne, jusqu’au 26 mai, les militants de Debout la France vont faire un travail de pédagogie avant de tenter de remette « l’Europe au sevice du quotidien des gens », une fois élus.

Étienne Lafage.